Migration Mixte

Dernière mise à jour le 8 Octobre 2021

La «Migration mixte» est un terme relativement nouveau – son usage s’est répandu au cours de la dernière décennie – qui cherche a rendre compte des facteurs de migration, entrelaces et présentant de multiples facettes de toutes les personnes, quel que soit leur statut. Si le franchissement des frontières nationales est communément classé comme « forcé/involontaire » ou « volontaire »,  la réalité est beaucoup plus complexe et nuancée. Le prisme de la migration mixte permet permet d’élargir l’espace de protection pour les migrants qui ne remplissent pas nécessairement les conditions requises pour obtenir le statut de réfugié, ou qui n’ont pas forcément quitté leur pays pour les raisons énoncées dans la  Convention de 1951 relative au statut des réfugiés ou dans les instruments régionaux relatifs aux réfugiés, mais qui peuvent néanmoins être contraints de partir pour une combinaison de facteurs interdépendants, notamment économiques, politiques, sociaux, religieux ou ethniques. Ces personnes sont souvent confrontées aux mêmes risques, ont des besoins similaires au cours de leur voyage et empruntent les mêmes itinéraires. Cependant, elles risquent de passer à travers le filet de sécurité et de ne pas bénéficier de la protection de leurs droits ni d’une assistance, car les cadres juridiques internationaux actuels ne prévoient un appui que pour deux catégories : le migrant et le réfugié.    

La Matrice de suivi des déplacements (MSD) de l’OIM et l’initiative 4Mi (Mécanisme de surveillance des migrations mixtes) de la Migration Mixte Centre (MMC)   fournissent des indications opportunes et régulières sur les migrations mixtes, les profils des migrants, leurs expériences et leurs besoins.  

Si les sources de données classiques sur la migration ne donnent guère d’informations sur les migrants en situation irrégulière, les personnes sont enregistrées indépendamment de leur statut juridique dans le cadre des interventions relatives à la migration mixte ; celles-ci sont donc bien adaptées pour observer la migration irrégulière (OIM, 2020). Ces dernières années, ces outils liés à la migration mixte ont permis de mettre à la disposition du public beaucoup plus d’informations sur la mobilité, en particulier dans les pays qui n’avaient que peu ou pas de connaissances préalables sur le sujet. Par exemple, grâce à l’onglet « Displacement » du site Web de la MSD de l’OIM, les utilisateurs peuvent obtenir des informations détaillées sur la population de personnes se trouvant au sein de flux migratoires mixtes dans le monde entier. En outre, sur le site Web du MMC, l’onglet « 4Mi interactive » permet aux internautes d’explorer divers indicateurs de données relatifs au voyage migratoire au moyen d’affichages visuels interactifs.  

À ce jour, il n’existe que quelques sources de données quantitatives à grande échelle sur la migration mixte, étant donné la nature cachée, transfrontalière et mobile de ces mouvements, ce qui rend la collecte de données précises particulièrement difficile. En outre, les différentes définitions de la migration mixte ont des incidences sur la collecte des données, ainsi que sur leur crédibilité.